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Tensions en mer Rouge : Frappes militaires des forces armées américaines  et britanniques contre les rebelles houthis. 

Dernière mise à jour : 1 nov. 2024




Par Julianne Bilodeau 


Dans la nuit du 22 au 23 janvier, les forces armées américaines et britanniques ont entrepris pour une seconde fois depuis le commencement de l’année 2024, des attaques au Yémen contre les rebelles houthis. L’opération, soutenue entre autres par des pays non-participants, soit le Canada, l’Australie, le Bahreïn et les Pays-Bas, visaient particulièrement 

l’affaiblissement des forces militaires houthis, des sites de missiles, des sites de surveillance aérienne ainsi qu’un centre de stockage. Les Houthis malgré tout, ne semblent pas reculer face à ces attaques et mènent toujours, depuis novembre, des attaques contre des navires liés à Israël, rendant très difficile et dangereux le passage des navires en mer Rouge et sur le Golfe d’Aden.  



Des motivations divergentes  


L’intervention des puissances américaines et britanniques est justifiée par des motivations à protéger le commerce maritime international ainsi que la vie de centaines de marins. En effet, la stabilité de la région de la mer Rouge, région où traverse notamment 12 % du commerce maritime international, est indispensable à son bon fonctionnement. Les conséquences reliées à sa présente instabilité commencent déjà à se faire sentir entre autres par le changement de trajectoire de plusieurs navires commerciaux. Effectivement, en raison des risques trop élevés, de nombreux navires évitent fréquemment de traverser la mer Rouge et décident de passer plutôt par l’Afrique du Sud ce qui entraîne une explosion des coûts liés au transport et entraîne des retards importants. 

Les Houthis pour leur part, justifient notamment leurs attaques en mer Rouge en soutien au peuple palestinien qui est confronté depuis des années à un sort inhumain et restreint à Gaza. En réponse à l’agression américano-britannique, Mohammed al-Bukhaiti, le haut responsable des Houthis, a communiqué sur le réseau social X que cette dernière « ne fera qu’accroître la détermination du peuple yéménite à assumer ses responsabilités morales et humanitaires envers les opprimés de Gaza. » S’adressant aux populations du monde entier et aux États, ce dernier soulève de même un ultimatum face à l’importance du choix de soutien des différents camps : « Chaque partie ou individu dans ce monde est confronté à ce choix : soit préserver son humanité et se tenir aux côtés du Yémen, soit perdre son humanité et se tenir aux côtés de l’alliance américano-britannique. » Ces différentes perspectives forment donc une distance qui s’agrandit de plus en plus entre les deux camps et qui risque ainsi de complexifier les relations et les possibilités de résolution du conflit. 


Une Guerre qui fait des ravages  


Bien que les attaques houthistes et les ripostes américaines et britanniques soient plutôt récentes, le conflit qui sévit et qui divise le territoire du Yémen lui, demeure depuis plusieurs années déjà. En effet, l’État est aux prises avec de fortes tensions et attaques militaires depuis plusieurs décennies, en raison de la prise d’une grande partie du territoire par les forces Houthistes qui sont largement soutenues par l’Iran. Ce soutien a cependant contribué à renforcer les tensions géopolitiques déjà présentes entre l’Iran, une république islamique chiite et l’Arabie Saoudite, une monarchie sunnite et a ainsi mené au bombardement de plusieurs régions au Yémen, laissant l’État dans une situation militaire et politique très instable. 

Les Houthis sont toujours présents au Nord-Ouest du pays et ne semblent pas perdre en puissance, et ce, malgré les attaques répétées de l’Arabie Saoudite. Les deux partis ne semblent pas prêts à faire des concessions et à établir une paix durable. Le processus de paix n’étant donc pas fortement engagé, l’ONU rappelle son importance pour la population yéménite, qui traverse depuis le début des hostilités une crise humanitaire sans précédent. L’organisation soulève aussi le manque de financement et d’accès à l’aide humanitaire qui ne permet pas le développement, la santé et la sécurité de la population et des différents travailleurs humanitaires. 

Les attaques répétées des Houthistes en mer Rouge et les réponses maintenant multiples des États occidentaux laissent planer le doute sur la possibilité d’un rétablissement de la stabilité politique au Yémen dans les prochains mois voire années à venir. Reste à voir l’ampleur que pourrait prendre les conséquences de ce conflit déjà bien établi sur les populations locales et à l’échelle planétaire, notamment au niveau du commerce international. 


Crédit photo : Hani Mohammed/Associated Press 


Sources : 



 

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