Par Roxanne Corriveau

Crédit photo : Pexels de Pixabay
Avez-vous déjà exploré les pavillons de l’université et remarqué ces présentoirs remplis de petits journaux ? En vous arrêtant pour y jeter un œil, vous découvrirez une diversité de publications associées aux différentes facultés. On y trouve des revues sur des sujets aussi variés que la biologie ou le droit. À l’UdeM seulement, on compte une dizaine de médias étudiants, sans oublier Quartier Libre, le journal financé par la FAÉCUM. Ces journaux sont toujours là et certains, comme Le Polémique, sont même très actifs. Pourtant, on en parle étonnamment peu.
Leur importance historique
Le rôle des journaux étudiants est souvent sous-estimé. Il est bien connu que les associations étudiantes ont joué un rôle clé dans les grands mouvements civiques au Québec. Durant la Révolution tranquille, elles s’unissaient pour défendre des causes variées, allant de revendications politiques comme la souveraineté du Québec à des préoccupations plus modestes, comme le menu de la cafétéria. Ce qu’on connaît moins, c’est l’impact des médias étudiants dans ces luttes. Les journaux s’associaient souvent avec les associations étudiantes afin de propager l’information à la communauté. Les gens qui en faisaient partie étaient souvent eux-mêmes très politisés, n’hésitant pas à prendre position ou proposer des idées révolutionnaires. Par exemple, « l'idée de l'obtention du vote à 18 ans est d'abord lancée en 1961 dans le journal Vie étudiante », avant d’être relayée par des médias professionnels. Ces publications, parfois très engagées, faisaient souvent débat. Le Quartier latin, ancêtre de Quartier Libre, n’hésitait pas à afficher son soutien à des groupes radicaux comme le FLQ. Dans certains cas, les prises de position des journalistes amateurs allaient jusqu’à provoquer des conflits : McGill, par exemple, a tenté de censurer The McGill Daily.
Bien qu’il soit difficile de mesurer précisément leur influence, on peut donc conclure que ces journaux étaient suffisamment présents pour déranger. En l’absence de réseaux sociaux, ils représentaient un moyen essentiel afin de diffuser de l’information et de mobiliser la communauté étudiante. Aujourd’hui, à l’ère des téléphones intelligents et de l’accès instantané à l’information, on pourrait croire que ces journaux n’ont plus leur place. Toutefois, je pense qu’ils restent essentiels. Voici pourquoi, en trois points.
Par les jeunes, pour les jeunes
En 2024, l’information est omniprésente, mais les journaux étudiants se chargent de trier pour vous ce qui compte vraiment. Ils couvrent les sujets les plus pertinents pour la communauté étudiante, une communauté qu’ils connaissent mieux que quiconque. Ces médias offrent aussi une tribune à ceux qui souhaitent s’exprimer et partager leurs idées, sans avoir besoin d’une expérience journalistique préalable. Bref, ces publications sont faites par vous, mais surtout pour vous.
Une expérience formatrice
En parlant d’expérience, les journaux étudiants sont un excellent tremplin pour les journalistes en devenir. De nombreux professionnels du métier ont fait leurs premiers pas dans ces publications, leur permettant d’acquérir des compétences précieuses. L’accessibilité et la flexibilité des journaux étudiants donnent l’occasion à chacun de s’essayer au journalisme, même sans en faire une carrière.
Une fierté québécoise
La qualité des journaux étudiants est une véritable fierté pour le Québec. Lors d’une rencontre organisée par l’Office franco-québécois pour la jeunesse, des étudiants français et québécois ont souligné que nos médias étudiants se distinguaient par leur professionnalisme et leurs contenus bien ficelés. Grâce à des financements adéquats et à une vie de campus dynamique, des projets comme Quartier Libre, publiant 15 000 exemplaires par mois, ou Impact Campus de l’Université Laval, qui rémunère sa direction et développe une stratégie marketing, démontrent l’excellence de ces initiatives.
Un appel à l’action
Pour finir, rappelons que le succès des journaux étudiants repose avant tout sur la participation des étudiants. Que ce soit en lisant les articles, en les partageant sur Instagram ou en rejoignant l’équipe, chaque geste compte pour faire vivre ces médias. Après tout, ce sont vos cotisations, via les associations étudiantes, qui les financent. Alors, autant en profiter !
Sources :