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L’extrême droite : une idéologie pas comme les autres

Dernière mise à jour : 1 nov. 2024

Par Justin Reynier







Le 21 février dernier, la France a rendu hommage à Missak Manouchian, un travailleur immigré arménien et résistant communiste, en l'intégrant au prestigieux Panthéon, symbole de reconnaissance nationale. Cependant, l'invitation de Marine Le Pen, figure de proue de l'extrême droite française, à cette cérémonie a suscité l’indignation. Cette décision a notamment soulevé des questions quant à la légitimité d'offrir une tribune à une personnalité politique dont le parti propage des idées xénophobes et réactionnaires. 


La participation de Le Pen à cette cérémonie suscite des préoccupations quant à la normalisation du Rassemblement national. Autrefois, il aurait été difficile d’envisager une telle invitation de la part d'une nation, qui se souvient des dommages causés par les mouvements collaborationnistes. Pourtant, de nos jours, l'extrême droite s’intègre progressivement au paysage politique en s'engageant dans des événements ayant des impacts nationaux, cherchant ainsi à légitimer ses positions.

Or, l’ascension de l'extrême droite n'est pas un phénomène isolé. À travers l'Europe et d'autres régions occidentales, ses idées trouvent un écho de plus en plus fort auprès d'une portion significative de la population. Il est toutefois impératif de reconnaître que, malgré ses tentatives de se camoufler sous des apparences plus acceptables, l’idéologie de l’extrême droite reste intrinsèquement dangereuse et néfaste pour la société. En effet, l'Histoire nous rappelle que ce courant idéologique tire ses racines des mouvements réactionnaires et conservateurs, s'opposant aux progrès sociaux et politiques. Sa fidélité à l'autorité traditionnelle et son rejet de toute remise en question du pouvoir établi la placent en opposition directe avec les principes démocratiques. Les récents événements, tels que l'attaque du Capitole aux États-Unis et les troubles au Brésil, mettent en lumière la propension de l'extrême droite à recourir à la violence pour défendre ses idées ainsi que ses leaders.

De la même manière, l'extrême droite s'est historiquement opposée aux avancées sociales en ciblant certains groupes minoritaires. Les appels à la « ré-migration », tels que promus par certains partis européens, ne sont que des manifestations modernes de la xénophobie et du racisme rappelant les politiques déshumanisantes de la période coloniale et de la Seconde Guerre mondiale. 

Il est également essentiel de souligner le caractère fondamentalement « anti-peuple » de l'extrême droite, qui, sous couvert de populisme, promeut en réalité des politiques favorisant les élites au détriment des couches sociales les plus vulnérables. Sous un vernis de défense des intérêts nationaux et populaires, l'extrême droite cherche souvent à perpétuer un système d'inégalités en protégeant les privilèges des riches et en sapant les droits des travailleurs, des minorités et des classes défavorisées. Cette propension à favoriser les intérêts de l'élite économique se reflète dans les politiques prônées par ces mouvements, telles que les réductions d'impôts pour les plus riches, la dérégulation des marchés financiers et du travail, ainsi que la remise en cause des acquis sociaux et des services publics. En réalité, loin de représenter les intérêts du peuple, l'extrême droite œuvre souvent à perpétuer un système injuste et inégalitaire où les privilèges sont réservés à une minorité au détriment de la majorité.


En conclusion, l'idéologie d'extrême droite présente une vision du monde marquée par la discrimination, la xénophobie, le rejet de la diversité et le mépris des classes populaires. Celle-ci menace les principes démocratiques en fragmentant la société et en engendrant une polarisation dangereuse. Comprendre les mécanismes qui favorisent la montée de l'extrême droite est essentiel dans l’étude de la politique actuelle, tant au sein des universités que lors d’un engagement davantage citoyen. Au-delà d’une condamnation morale, il est nécessaire d'analyser les facteurs socio-économiques, culturels et historiques qui alimentent cette idéologie. Finalement, la lutte contre l'extrémisme de droite nécessite une approche multidimensionnelle, combinant réflexion académique, action politique et engagement civique. Ainsi, nous pourrons contribuer à préserver les fondements démocratiques et à bâtir des sociétés plus justes et résilientes.


Crédit Photo : Jeff Pachoud Agence France-Presse


 

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