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Harris contre Trump : Une bataille électorale qui joue du coude, mais que révèlent réellement les sondages ?

Dernière mise à jour : 5 déc. 2024

Par Rosalie Corbeil




L’élection présidentielle américaine, très attendue, approche à grands pas. Le 5 novembre, les yeux du monde entier seront rivés sur les États-Unis, qui s’apprêtent à élire leur prochain président. Cette décision aura des répercussions majeures, tant sur le plan national qu’international. Pour mieux comprendre les enjeux à venir, il est essentiel de se pencher sur les sondages. Que révèlent-ils ? Quels éléments doivent retenir notre attention ? Et surtout, peut-on vraiment leur accorder la confiance qu’ils suscitent ?



Quelques prédictions


Selon un sondage réalisé par Reuters/Ipsos, à deux semaines des élections, Kamala Harris est créditée de 46 % des voix, tandis que Donald Trump suit de près avec 43 %. Harris a redonné un souffle à la campagne du Parti démocrate, qui n’était pas en bonne posture lorsque Biden dirigeait la campagne électorale. Trump, souvent perçu comme le favori, continue de bénéficier d’un soutien indéfectible de ses partisans obnubilés par son personnage, malgré ses ennuis judiciaires, et la mauvaise publicité à son sujet. 

Au début de la campagne, Trump ressortait comme le candidat favorable pour remporter la présidence face à Biden. Cependant, l’entrée de Kamala Harris sur la scène électorale a modifié la donne, lui donnant un léger avantage. Cela dit, plusieurs études d’opinion signalent une baisse de soutien pour la candidate démocrate face à son concurrent républicain. Les sondages restent très serrés…

Selon des analyses d’opinion, les Américains placent l’économie, l’immigration et le coût de la vie au cœur de leurs préoccupations. Une majorité d’entre eux expriment une insatisfaction à l’égard de l’administration Biden, et jugent que ces trois enjeux prennent une mauvaise tournure. En conséquence, la perception générale de la situation actuelle du pays est plutôt négative parmi les électeurs (les répondants de ces analyses).

Pour plusieurs observateurs, aucun candidat ne parvient à se démarquer de manière significative. Une moyenne des sondages compilée par The New York Times attribue 49 % des intentions de vote à Kamala Harris, contre 48 % pour Donald Trump. Une semaine plus tôt, la même moyenne créditait à Harris 50 % et à Trump 47 %. Cela démontre que la course se joue sur des chances étroites, sans qu’aucun des deux candidats ne fasse l’unanimité. Les électeurs américains sont plus divisés que jamais. Les résultats varient légèrement selon les instituts de sondage, mais se maintiennent généralement entre 40 % et 50 %. Un chiffre particulièrement marquant est celui publié le 22 octobre par The Economist, qui estime que Donald Trump aurait désormais 54 % de chances de remporter la présidence.


L’erreur de lecture


S’il y a une chose à retenir, c’est que les bilans des sondages reflètent les intentions de vote, c’est-à-dire le nombre de voix potentielles. Toutefois, l’élection présidentielle américaine ne se déroule pas par un simple suffrage universel, mais via un système de grands électeurs. Ce modèle de suffrage indirect à un tour implique que tous les électeurs éligibles votent pour des délégués qui, à leur tour, désignent le candidat de leur choix, en fonction de la volonté populaire (démocrate ou républicaine). Dans ce système, le candidat qui obtient la majorité des voix dans un État remporte tous les votes de ses grands électeurs. Au total, 538 grands électeurs sont répartis entre les États en fonction de leur population ; les États les plus peuplés obtiennent un plus grand nombre de délégués. Pour remporter l’élection, un candidat doit obtenir au moins 270 grands électeurs. Les États du Maine et du Nebraska se distinguent par un système proportionnel, permettant à un candidat de gagner des électeurs en remportant certains districts, même s’il ne triomphe pas dans l’État dans son ensemble.


Bien que des cartes électorales puissent montrer plus d’États en rouge que de bleus, il est important de noter que les États « bleus » tendent à être plus peuplés. Étant donné que la représentation des États, au sein du Collège électoral, est proportionnelle à leur nombre d’électeurs, les démocrates peuvent donc obtenir la majorité de 270 grands électeurs avec moins d’États.

En 2016, les sondages annonçaient la victoire d’Hillary Clinton, qui affichait une avance stable sur Donald Trump. Bien qu’elle ait effectivement remporté le vote populaire avec un écart de trois millions de voix, Clinton n’a obtenu que 227 grands électeurs, laissant la majorité à Trump. Cet exemple illustre que, même si les sondages offrent un aperçu et une estimation des tendances électorales, rien n’est assuré jusqu’au jour du scrutin.


La Pennsylvanie, le Michigan, le Wisconsin, la Géorgie, l’Arizona, le Nevada et la Caroline du Nord sont considérés comme les États clés qui déterminent l’issue de l’élection. De nombreux États ont déjà montré une tendance claire dans leurs choix électoraux au fil des cycles présidentiels précédents. La Californie, New York et plusieurs États du nord-est soutiennent systématiquement les démocrates, tandis que les États du Midwest et certains du sud continuent de faire le choix du candidat républicain. Cette ligne directrice est suivie à chaque cycle électoral. 


À la fin octobre, The New York Times révélait que Kamala Harris menait dans le Michigan avec 49 % des voix contre 48 % pour Donald Trump. Les deux candidats étaient à égalité en Caroline du Nord, au Nevada, en Pennsylvanie et dans le Wisconsin, récoltant respectivement 48 %. En revanche, Trump affichait un léger avantage en Arizona (50 % contre 48 %) et en Géorgie (49 % contre 48 %). Le jeu politique s’annonce extrêmement serré, et la véritable réponse sur le résultat électoral ne sera connue qu’après la fermeture des bureaux de vote le 5 novembre.


Les biais


Malgré l’évolution des études statistiques, la société américaine connaît une polarisation croissante et un climat politique de plus en plus tendu. Les défauts de la scène politique se reflètent dans les sondages, qui souffrent souvent d’échantillons trop faibles et non représentatifs. De plus, certains segments de la population montrent une résistance à participer aux sondages ou fournissent des réponses peu sincères à ces derniers.

Au cours des dernières années, de nombreuses études ont sous-estimé l’ampleur du soutien à Donald Trump. Cependant, le renversement de Roe v. Wade par la Cour suprême, a produit un retournement, mettant en lumière une mobilisation démocrate plus forte que prévue, notamment chez les femmes et les jeunes. Certains sondages ont même été critiqués pour avoir tenté de manipuler l’opinion publique, affichant une image amplifiée de la montée en puissance du parti républicain sous Trump.


En plus des biais potentiels, les marges d’erreur constituent un élément essentiel de la science statistique. Il est primordial de les considérer avec prudence, car elles peuvent influencer les résultats d’un sondage, les faisant varier de quelques points soit à la hausse ou à la baisse. Dans le contexte d’une élection où les résultats sont particulièrement serrés, comme celle que nous vivons présentement, la marge d’erreur devient d’autant plus importante et doit être prise en compte.

Un autre facteur qui altère les résultats des sondages est la présence d’indécis. Actuellement, ces sondages indiquent une élection compétitive, en grande partie en raison des électeurs qui n’ont pas encore pris leur décision. Ces indécis ne se contentent pas de peser le pour et le contre entre les deux principaux candidats ; certains envisagent même de voter pour un candidat d’un tiers parti, tandis que d’autres hésitent même à participer au scrutin. 


Cette incertitude complique la tâche des sondeurs, ainsi que celle des partis. Établir un profil précis des indécis s’avère difficile, car ils ne représentent que 3 à 4 % des répondants. Les chances sont fortes qu’ils ne se décident que le jour du vote, il est donc quasiment impossible de prédire leur choix ou s’ils se rendront jusqu’aux urnes.


L’élection présidentielle américaine du 5 novembre s’annonce comme un tournant majeur, tant pour les États-Unis que pour le reste du monde. Alors que les sondages indiquent une compétition féroce entre Kamala Harris et Donald Trump, il est essentiel de garder à l’esprit que ces données, bien que révélatrices, ne garantissent rien. La polarisation croissante, les biais dans les échantillons et les marges d’erreur soulignent la complexité électorale. De plus, la présence d’indécis complique encore davantage les prévisions, rendant incertaine la direction que pourrait prendre ce scrutin. Alors que nous nous rapprochons du jour du vote, chaque détail compte. Les sept États clés joueront un rôle crucial dans le résultat final. La mobilisation de certains groupes d’électeurs, en particulier des jeunes, des femmes et les groupes ethniques, pourrait bien influencer l’issue du vote. Le monde entier observe avec attention ce moment décisif. Les prochaines semaines seront déterminantes, et la véritable nature des choix électoraux américains se dévoilera une fois les urnes closes. 



Sources : 









 

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